La prise de décisions dans les groupes

Publié le par remy

Lorsqu’un groupe de personnes doit prendre une décision, le résultat peut être assez surprenant…

La prise de décision est un processus ordonné par l’existence de conflits qui sont substantiels ou affectifs. Ce processus passe par  trois étapes avant d’arrivée à la décision finale : la collecte d’information, l’évaluation et l’influence. On progresse vers une décision que si on analyse en commun la nature et l’origine de ces conflits. La pérennité des groupes dépend donc de leur « effort de création permanente à résoudre les conflits ». A la lumière de ces quelques explications, il semble donc que la prise de décision soit indissociable de la discussion entre membres d’un groupe et de la recherche d’un consensus.

           

I : La prise de décision dans les groupes : risque et théories

 

A/ La prise de décision et le déplacement vers le risque

Le groupe en tant qu’entité prend-il davantage de risque que l’individu ? Le groupe est plus que la somme des individus qui le composent, et les individus ont, en conséquence, des comportements différents seuls ou en groupe. Cet état de fait est flagrant dans les situations de prise de décision.

Aussi, les résultats de l’expérience de Wallach ont montré que les individus prennent plus de risques en groupe que seuls. C’est socialement valorisé, cela fait partie de notre idéologie et un effet de dilution de responsabilité joue un rôle important ici.

 

B/ Les théories explicatives

1.      L’hypothèse du leadership

Cette hypothèse notamment développée par Widmar, postule l’existence de « leaders » caractérisés par des traits de personnalité comme le « goût » pour le risque, la capacité à commander, le désir d’innover. Lors des discussions de groupe, le point de vue des leaders s’imposerait et entraînerait les autres vers les choix les plus risqués.

 

2.      L’hypothèse de l’accoutumance/familiarité

Selon cette hypothèse, il suffit de familiariser davantage un sujet avec un problème pour que cette personne modifie ses attitudes ou ses opinions quant à la question posée. Or, la discussion de groupe est une occasion supplémentaire de se familiariser avec une situation complexe. Dans le cas des situations de dilemmes, on s’attend donc à un déplacement vers le risque accru si les sujets sont davantage familiarisés avec le problème qu’on leur soumet.

Malgré de nombreuses expériences, les recherches de Teger ne vérifient pas toujours cette hypothèse. D’ailleurs, c’est avec l’âge, et donc avec la richesse de l’expérience, que viendrait la sagesse.

 

3.      L’hypothèse de la diffusion de responsabilité

Les individus se sentent-ils plus responsables quand ils sont seuls ou quand ils sont en groupe ? L’hypothèse de la diffusion de  responsabilité postule une dilution de la responsabilité individuelle dans les situations collectives. Les sujets se sentent moins engagés par leurs actes ou leur choix lorsqu’ils sont en groupe, ce qui expliquerait l’augmentation de la prise de risque en groupe. La dé-individualisation est un état psychologique qui a été évoqué pour rendre compte de nombreux cas concrets comme le hooliganisme. Les psychologues sociaux ont montré que dans un groupe, les individus agissent comme s’ils étaient submergés dans le groupe. Les membres du groupe ne pensent pas qu’ils existent comme individus.

II : La polarisation collective

A/ La décision de groupe et l’effet de polarisation

Selon Moscovici et Doise, on appelle polarisation (ou polarisation collective) le fait que les discussions au sein des groupes aboutissent à une extrémisation des opinions du groupe dans le sens des opinions initialement favorisées par ses membres. Il y a polarisation collective quand la valeur centrale d’un groupe, le consensus, s’approche encore plus du pôle de l’échelle qui attirait déjà l’ensemble des réponses des individus.

Aussi, suite aux expériences de Moscovici et Zavalloni, on observe que :

-les attitudes du groupe sont plus extrêmes que celles des individus qui le composent ;

-les individus ont des attitudes plus extrêmes quand ils sont personnellement engagés ;

-contrairement à la théorie classique selon laquelle le conflit se résout par un compromis modérateur, le conflit mène à une extrémisation significative.

Le phénomène d’extrémisme, suite à la discussion de groupe, ne fait aujourd’hui guère de doute. Mais de quel côté penche la décision groupale ? Davantage vers le pour ou vers le contre ?

En fait, le déplacement s’effectue vers la « position majoritaire » du groupe considéré.

 

B/ Les interprétations de la polarisation collective

La comparaison sociale peut d’abord être avancée comme explication. Les individus sont motivés à donner d’eux-mêmes une image positive, à émettre des comportements et à exprimer des opinions socialement souhaitables. Mais comme chacun souhaite se distinguer positivement d’autrui, l’effet de polarisation/extrémisation serait la résultante de l’engagement des individus dans ce processus de comparaison.

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